Accueil CES FEMMES ET CES HOMMES QUI FONT BOUGER LE MONDE La lutte contre le paludisme : entre tradition ancestrale et Intelligence Artificielle.

La lutte contre le paludisme : entre tradition ancestrale et Intelligence Artificielle.

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MALARIA KRIEMER

Chaque année, c’est plus de 220 millions de personnes à travers le monde qui sont touchées par le paludisme, et l’on dénombre 2 millions de cas supplémentaires par an. À la fin de l’année 2018, cinq pays concentraient à eux seuls la moitié des cas de paludisme : le Nigéria, la République Démocratique du Congo, le Mozambique, l’Ouganda et l’Inde. Les enfants de moins de cinq ans représentent la moitié des victimes (un enfant meurt toutes les 2 minutes de cette maladie !) de ce fléau que nous connaissons bien en Afrique. Jusqu’à présent, il n’existe aucun vaccin contre le Paludisme.

En revanche, certaines personnes ont développé et mis en œuvre des procédés assez extraordinaires pour lutter contre la maladie.

Le Dr. Lucile Cornet-Vernet et la Maison de l’Artemisia

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Laissez-moi tout d’abord vous parler de La maison de l’Artemisia, une association humanitaire française fondée par Lucile Cornet-Vernet en 2014 et, qui à travers la consommation de tisanes à base d’artemisia annua et afra (plantes), obtient d’excellents résultats pour soigner le paludisme auprès des populations les plus démunies. Le 30 mars dernier, en pleine épidémie mondiale du Covid-19,  l’association publie un communiqué de presse dans lequel, entre outres, elle écrit ceci :

« L’Artemisia annua (Qing Hao), plante médicinale, vient d’être largement utilisée en Chine pour combattre le Covid-19. La plante a été administrée selon le protocole officiel de la Médecine Traditionnelle Chinoise, uniquement dans les cas d’atteintes pulmonaires modérées à sévères, en association avec un traitement conventionnel. Une étude de l’OMS indique que la plante avait été efficace en traitement complémentaire pendant l’épidémie de SRAS de 2003. L’Artemisia annua contient 4 molécules actives in vitro contre le Covid-19 : lutéoline, kaempferol, quercétine et apigénine3. Nature Plants, la revue scientifique britannique, publie mi-mars 2020 un plaidoyer pour l’usage des plantes médicinales, dont l’Artemisia annua, en 1ère ligne de défense contre le Covid-19 : « Dans une situation d’urgence comme l’épidémie de COVID-19, alors que les médicaments ordinaires mettent du temps à passer les essais cliniques, les médicaments à base de plantes et les produits naturels facilement disponibles et dont l’innocuité est prouvée peuvent permettre de gagner du temps en tant que première ligne de défense. » La Maison de l’Artemisia appelle les autorités sanitaires à lancer d’urgence un grand essai clinique. »

MAISON DE LARTEMISIA

Si vous avez la chance de disposer d’un espace vert et que vous désirez savoir comment cultiver l’artemisia annua et l’artemmisia afra, vous pouvez regarder cette vidéo dans laquelle Pierre Wemaere, membre de l’association et basé au Bénin, vous explique tout !

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Voici également les contacts des responsables de l’association au Sénégal : Pierre Van Damme (Tivaoune@maison-artemisia.org ) et Malang Diabang (kafountine@maison-artemisia.org ).

Et si vous cherchez à vous procurer de l’artemisia sur Dakar, vous pouvez vous rapprocher de Gaëlle Flosse Fal et de Claire Diagne.

Le Dr. Miguel Luengo-Oroz, fondateur de Malariaspot et Spotlab

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Maintenant, laissez-moi vous présenter le Dr. Miguel Luengo-Oroz, de l’Université polytechnique de Madrid. Ce médecin est également un entrepreneur passionné de technologie et d’innovation pour l’impact social. Il est devenu un pionnier de l’utilisation de l’Intelligence Artificielle pour le développement durable et l’action humanitaire. Il travaille aujourd’hui pour les Nations Unies (chef des données scientifiques à UN Global Pulse) mais est également le fondateur d’une entreprise sociale intitulée « Spotlab » qui utilise les Androïdes, l’impression 3D et l’IA pour le diagnostic des maladies sanitaires mondiales.

Spotlab trouve ses origines dans une création plus ancienne du Dr. Luengo-Oroz. En effet, en 2012, il développe et lance une application gratuite qui, sous la forme d’un jeu, permet aux utilisateurs de devenir actrices et acteurs de la détection du paludisme dans le sang. Le principe est simple et facile d’utilisation. Au lieu d’empiler des briques de formes et de couleurs différentes ou de « dégommer » des aliens verts, vous ciblez des tâches et participez ainsi à la détection de la maladie dans le sang de patients vivants à l’autre bout de la planète.

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Alors, revenons deux minutes sur le paludisme pour que vous puissiez comprendre le génie de cette application. Certains moustiques transmettent le paludisme. Cette maladie est causée par un parasite appelé « Plasmodium ». Lorsque le corps est infecté par la maladie, les parasites vont se multiplier dans le foie, et ensuite infecter les globules rouges. Côté médical, pour pouvoir poser le diagnostic du paludisme, il faut détecter les parasites dans le sang et compter le nombre de ces parasites, manuellement en général (au microscope). Le processus peut prendre jusqu’à 30 minutes par cas et la confirmation d’un diagnostic négatif va dépendre de l’expertise du technicien. En 2012, le Dr. Luengo-Oroz nous explique son « jeu » : « Ainsi, nous avons besoin de systèmes de dépistage évolutifs, rapides, omniprésents et précis (une priorité dans l’agenda de l’éradication du paludisme). La couverture des téléphones portables atteint tous les coins de la planète et nous considérons la connectivité mondiale comme une opportunité de diffuser les images sur Internet. C’est là que vous intervenez. »

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En 2013, le Dr. Miguel Luengo-Oroz reçoit, pour cette création, le prix de la meilleure innovation sociale par MIT Technology Review en espagnol.

Si vous aussi vous désirez participer, vous pouvez « jouer » à Malariaspot sur Android ou sur votre ordinateur.

Alors, prêt à dégommer des parasites ?!

Crédit photo : technitout.co.za / unstats.un.org / malariaspot / itg.be / femininbio / maisondelartemisia / pixabay

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